Eduquer à la résolution non-violente des conflits

Eduquer à la résolution non-violente des conflits

A la communication non violente, Rosenberg oppose ce qu’il appelle la communication aliénante. Elle nous coupe de la vie, elle nous incite à des comportements violents envers nous-mêmes comme à l’égard d’autrui, elle nous coupe de notre bienveillance naturelle.

Rosenberg énumère certaines formes de communication aliénante :

  1. Jugements moralisants envers l’autre. Nous exerçons un jugement moralisant par exemple en disant que l’autre est dans le faux ou qu’il est mauvais lors que ses actes ne correspondent pas à nos valeurs. Cela peut s’exprimer en termes de reproches, d’insultes, de dénigrements, d’étiquetages, de comparaisons ou de diagnostics.

Nous ne devons pas cependant confondre jugements moralisants et jugement de valeur. Nous portons tous des jugements de valeur sur les qualités auxquelles nous attachons de l’importance dans notre vie : nous pouvons par exemple tenir pour essentielles l’honnêteté, la liberté ou la paix. Les jugemems de valeur reflètent nos convictions sur la façon de servir au mieux la vie.

Nous portons des jugements moralisants sur les gens et les comportements qui ne sont pas dans la ligne de nos jugements de valeur. Nous dirons ainsi: « La violence est un mal. Les gens qui tuent sont mauvais. » Si nous avions été élevés dans une langue du cœur, nous aurions appris à exprimer directement nos besoins et nos valeurs, plutôt que d’attribuer des torts à autrui lorsque ces valeurs et besoins ne sont pas satisfaits. Nous pourrions par exemple reformuler la phrase : « La violence est un mal » en disant: « Je redoute l’usage de la violence pour résoudre les conflits. Je tiens à résoudre les conflits humains par d’autres moyens. »

  1. Comparaisons: En nous comparant à d’autres sur le plan physique ou sur le plan de la réussite, nous pouvons nous couper de la vie, de la bienveillance envers nous-mêmes (ou envers autrui) et perdre l’estime de nous-même.
  2. Refus de responsabilité. L’individu ne prend pas pleinement conscience qu’il est responsable de ses pensées, de ses sentiments et de ses actes. Le refus de responsabilité s’exprime dans des tournures telles que : « il y a certaines choses qu’il faut que tu fasses, que ça te plaise ou non », les tournures construites sur le modèle « tu me» (« tu me culpabilises », « tu me mets en colère »)
  3. Désirs exprimés sous forme d’exigences. Le langage peut également entraver la bienveillance lorsque nous exprimons nos désirs sous forme d’exigences.
  4. Récompense et puinition. « La communication aliénante est également associée à l’idée selon laquelle certaines actions méritent récompense, tandis que d’autres méritent punition. Le verbe « mériter » («Il mérite d’être puni pour ce qu’il a fait ») est d’ailleurs tout à fait révélateur de cet état d’esprit, en ceci qu’il suppose un «tort » de la part de celui qui se comporte d’une certaine façon et appelle une punition pour l’obliger à se repentir et à amender son comportement. Je suis persuadé qu’il est dans l’intérêt de tous que les gens changent, non pour échapper au châtiment, mais parce que eux-mêmes perçoivent que ce changement leur sera bénéfique. »

 

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